Conditions de sortie et transmission d’un Article 83 transféré vers un Plan Épargne Retraite

Dans le cadre d’un article 83 transféré vers un PER, dans quel compartiment du PER les fonds seront-ils transférés ?

Dans le cadre du transfert d’un Article 83 vers un Plan d’Épargne Retraite (PER), les fonds seront versés dans le compartiment 3 du PER, c’est-à-dire celui dédié aux cotisations obligatoires.

Explication

Le PER est structuré en trois compartiments :

  1. Compartiment 1 – Versements volontaires (ex : épargne personnelle, déductible ou non de l’impôt sur le revenu).
  2. Compartiment 2 – Épargne salariale (ex : participation, intéressement, abondement, PERCO transféré).
  3. Compartiment 3 – Cotisations obligatoires (ex : Article 83, régimes à cotisations obligatoires).

Étant donné que l’Article 83 est un contrat de retraite à cotisations obligatoires, ses fonds doivent être affectés au compartiment 3 du PER lors du transfert.

Conséquences du transfert dans le compartiment 3 :

  • Les conditions de sortie restent similaires à celles de l’Article 83 : en rente uniquement, sauf cas exceptionnels (invalidité, décès du conjoint, surendettement, cessation d’activité non salariée, expiration des droits chômage, acquisition de la résidence principale).
  • Pas de possibilité de sortie en capital à l’échéance, contrairement aux fonds versés sur les compartiments 1 et 2.
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Comment le titulaire peut-il récupérer l’argent de son compartiment 3 du PER considérant qu’il est âgé de 70 ans et déjà à la retraite ?

Si un épargnant de 70 ans, déjà à la retraite, souhaite récupérer l’argent du compartiment 3 de son Plan d’Épargne Retraite (PER) (issu d’un transfert d’Article 83), voici les options qui s’offrent à lui :

🔹 1. Sortie en rente obligatoire

Le compartiment 3 du PER, qui contient les cotisations obligatoires (ex-Article 83), ne permet pas de sortie en capital, sauf dans des cas exceptionnels (voir plus bas).
L’épargnant devra percevoir une rente viagère, qui peut être :

  • Une rente simple : paiement régulier à vie.
  • Une rente avec réversion : un pourcentage est reversé à un bénéficiaire (ex : conjoint).
  • Une rente avec annuités garanties : si l’épargnant décède avant un certain nombre d’années, la rente continue pour les héritiers.
  • Une rente par palier : montant évoluant dans le temps (croissante ou décroissante).

🔹 2. Cas exceptionnels de sortie anticipée en capital

L’épargnant peut récupérer les fonds en capital avant la retraite uniquement dans les situations suivantes :

  • Invalidité de 2e ou 3e catégorie (celle du titulaire, de son conjoint ou de son enfant).
  • Décès du conjoint ou du partenaire de PACS.
  • Expiration des droits au chômage.
  • Surendettement (sur décision de la Banque de France).
  • Cessation d’activité non salariée suite à une liquidation judiciaire.
  • Acquisition de la résidence principale (⚠️ Ne concerne pas le compartiment 3, uniquement les compartiments 1 et 2).

Fiscalité de la rente viagère

  • Impôt sur le revenu : la rente est imposée comme une pension de retraite, après un abattement de 10 %.
  • Cotisations sociales : elle est soumise aux prélèvements sociaux (CSG/CRDS et autres, environ 17,2 % selon les cas).

Le titulaire du PER étant marié, que se passe-t-il s’il décède ?

Si le titulaire du PER (compartiment 3 – ex-Article 83) décède alors qu’il est marié, voici les scénarios possibles en fonction du statut de la rente :

🔹 1. Si le titulaire décède avant la liquidation de la rente (avant d’avoir commencé à la percevoir)

Deux situations possibles :

  • Si le contrat prévoit une rente de réversion ➝ Son conjoint percevra une rente selon le taux prévu (ex : 60 %, 100 %).
  • Si aucune option de réversion n’a été choisie ➝ Les sommes sont perdues et ne seront pas versées aux héritiers (sauf cas particulier de rente différée avec annuités garanties).

💡 👉 À vérifier : Avant de liquider le PER, il est crucial d’examiner les clauses du contrat et voir si une rente de réversion est prévue.

🔹 2. Si le titulaire décède après avoir commencé à percevoir sa rente

  • Avec option de réversion : Son conjoint percevra une rente à hauteur du pourcentage défini (ex. 60 %, 100 %).
  • Sans option de réversion : La rente s’arrête au décès du titulaire, et les capitaux ne sont pas transmis aux héritiers.
  • Avec annuités garanties : Si le contrat prévoit une garantie d’annuités (ex. versement garanti pendant 10 ou 15 ans), la rente sera versée aux bénéficiaires désignés jusqu’à l’échéance de la garantie.

🔹 Cas particuliers : Peut-on transmettre le capital restant ?

Contrairement aux compartiments 1 et 2 du PER, le compartiment 3 (ex-Article 83) ne permet pas de transmission du capital sous forme de capital-décès à des bénéficiaires désignés (ex. enfants, tiers).
Seul le conjoint ou bénéficiaire d’une rente de réversion pourra recevoir une rente si cette option a été choisie.

Est-il possible de ne pas activer la perception en rente viagère ou de différer le versement de la rente issue du compartiment 3 du PER ?

Oui, il est possible de différer la liquidation de la rente issue du compartiment 3 du PER (ex-Article 83), mais avec certaines conditions et conséquences à prendre en compte.

🔹 1. Peut-on ne pas activer la rente viagère ?

Le compartiment 3 du PER n’autorise pas la sortie en capital, sauf pour les cas exceptionnels mentionnés précédemment (invalidité, décès du conjoint, etc.).
L’épargnant ne peut donc pas éviter totalement la transformation en rente, mais il peut différer la perception de cette rente.

🔹 2. Peut-on différer la liquidation de la rente ?

Oui, tant que l’épargnant ne demande pas la liquidation de son PER, la rente n’est pas déclenchée automatiquement.
L’épargne reste investie et continue de générer du rendement, mais sous certaines conditions :

Pas d’obligation légale de liquider la rente à un âge précis → Il est possible d’attendre au-delà de l’âge de départ en retraite.
Les fonds restent investis selon l’allocation choisie, ce qui peut être avantageux si les marchés sont en hausse.
Le décès avant liquidation de la rente peut entraîner la perte des fonds si aucune option de réversion ou de garantie n’est prévue.
Fiscalité future : Plus on attend, plus la rente sera élevée, mais elle sera toujours soumise à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

🔹 3. Avantages et inconvénients du report

AvantagesInconvénients
Permet de capitaliser plus longtemps et de bénéficier d’un rendement potentielLe décès avant liquidation peut entraîner la perte des fonds (sauf option de réversion)
Peut être intéressant fiscalement si l’épargnant prévoit de percevoir des revenus plus faibles plus tard (pour une imposition réduite)Risque de changement de fiscalité sur les rentes viagères à l’avenir
Possibilité de s’adapter à un besoin futur (ex. besoin de revenus plus tard)Le PER reste bloqué, donc indisponible en cas de besoin urgent

🔹 4. Stratégies alternatives pour optimiser le PER

Si l’épargnant souhaite maximiser son patrimoine et sa transmission, il peut envisager :

  1. Choisir une rente avec annuités garanties : Assure un versement minimum même en cas de décès prématuré.
  2. Choisir une rente à paliers : Permet de percevoir une rente plus faible au départ et plus élevée plus tard.
  3. Arbitrer les investissements : Adapter l’allocation du PER pour maximiser la croissance du capital tant que la rente n’est pas liquidée.
  4. Anticiper une stratégie patrimoniale complémentaire (ex. assurance-vie) pour sécuriser un capital transmissible aux héritiers.
👉 Oui, il est possible de différer la liquidation de la rente tant que l’épargnant ne fait pas la demande de liquidation.
👉 Attention aux risques : décès avant liquidation sans réversion = perte du capital.
👉 Opportunité : Si l’objectif est d’optimiser le rendement et la fiscalité, il peut être intéressant de conserver les fonds investis le plus longtemps possible.

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